Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran
À Paris, dans les années soixante, Moïse, «Momo», un petit garçon juif de 12 ans s’ennuie à l’école et à la maison, auprès de son père, un avocat juif neurasthénique. Mais dans la rue Bleue où il habite, il y a des dames peu farouches qui ont bien des bontés pour lui, et surtout Monsieur Ibrahim, l’épicier arabe du quartier, musulman, originaire d’un Orient Lointain. Très vite Momo devient l’ami du vieil épicier arabe . Mais les apparences sont trompeuses : Monsieur Ibrahim, l’épicier, n’est pas arabe, la rue Bleue n’est pas bleue et l’enfant n’est peut-être pas juif. Seul dans la vie depuis la disparition de sa mère, humilié par le suicide de son père, Momo retrouve peu à peu le bonheur auprès du vieil homme qui ne tarde pas à l’adopter. M. Ibrahim semble connaître les secrets du bonheur et du sourire dont Momo fait vite son profit. Il décide de l’adopter et ensemble, ils fermeront boutique, achèteront une automobile et s’en iront vers le pays natal du vieil homme, celui des derviches tourneurs qui savent tout de la contemplation, du coran, de ses fleurs et de la poésie du monde.
Eric-Emmanuel Schmitt retrace l’histoire des deux héros sans que la religion soit apparemment l’aspect essentiel. L’intrigue principale est l’initiation de Momo à la vie qu’il veut mener. La religion apparaît néanmoins : dans les prénoms des deux héros : le patriarche Abraham, Ibrahim en arabe, et le prophète Moïse. Ces prénoms contribuent à montrer que les deux cultures sont liées. Dans l’affirmation de monsieur Ibrahim : « Je sais ce qu’il y a dans mon Coran ». Or, le personnage d’Ibrahim est montré comme une personne ouverte sur le quartier à partir de sa petite épicerie, sur la vie, et sur le monde en adoptant cet enfant juif. Malgré la révélation finale de « ce qu’il y a dans [son] Coran », le personnage a bien une pratique religieuse qui lui donne la paix malgré les malheurs, paix qu’il fait atteindre à Momo : le soufisme. Ce conte à dire et à lire est un enchantement de légèreté et d’intelligence, d’humour et de gravité. C’est une leçon de sagesse, de tolérance, de fatalisme et de bonté. Une fable complice pour tous les âges, d’un charme irrésistible. Une adaptation cinématographique ici
Très court (85 pages), très aéré, il se lit d’une traite !
Comments
Alors la volée de baisers et très belle journée !
Excellente lecture... mon préféré de la trilogie de Schmitt, qui d'ailleurs fait parti de mes auteurs favoris...
bien aimé également l'Evangile selon pilate...
passe une bonne journée
bises