Peut-on rire de tout ?
« On me dit qu'il y a des Juifs dans la salle ? »
Ce texte incroyablement culotté, peut-être le plus audacieux de sa carrière, serait-il audible aujourd'hui ? On veut croire que oui, même si déjà, à l'époque, Desproges n'était pas sûr de lui et misait sur les quinze degrés de lecture de son brûlot humoristique : « Les antisémites n'osaient pas rire et les Juifs se croyaient obligés de rire. » Pour se convaincre qu'on peut rire de tout, même en 2008, il faut le réécouter, le relire. Là où Dieudonné se casse la figure, sans style, Desproges joue le funambule suspendu aux extrémités d'un humour qui touche l'intouchable :
- « Quand on me dit que, si les Juifs allaient en si grand nombre à Auschwitz, c'est parce que c'était gratuit, je pouffe ».
Rire de tout, mais pas avec tout le monde :
- « Il vaut mieux rire d'Auschwitz avec un Juif que jouer au Scrabble avec Klaus Barbie. »
Comments
Je ne la connaissais pas. Je me suis tapée la chaire de poule et une franche panique. Pas l'impression que nous sommes loin de ce monde.
Trop d'horreurs encore... Je ne dirai pas qu'elle m'a ouvert les yeux, car je trouve que ce monde est resté impitoyable, mais elle m'a virée à une grande émotion !
Coluche pouvait lui aussi apporter ce style de révélation, il me semble.
A bientôt, belle fin de journée, t.rez