8 posts tagged “pop”
Voici Calc : un groupe de Bordeaux qui écrit et chante comme s'il vivait à San Francisco en 1969. Nous sommes dans le monde merveilleux de la pop à guitare .La culture est anglo-saxonne, sa musique aussi. Dance of the nerve est le sixième album de ce quatuor doué d’une écriture sophistiquée et fraîche. Les mélodies sont fines, et possèdent en héritage et ligne de mire les meilleures heures des Byrds, America, des Beatles, de Genesis, ou plus récemment de Radiohead ou Midlake. Incroyablement talentueux, ce groupe mérite reconnaissance. De longs extraits sont à découvrir sur http://www.myspace.com/calcmusic. N’hésitez pas à l’écouter, c’est un album de grande qualité. Du bon son Pop, promis, je connais les voxeurs qui trainent par ici, vous serez conquis.
Dès la première écoute, vous allez tomber sur 2 morceaux impeccables et immédiats : Bad Actor et Algebrasong. La suite, mélange de pop vaporeuse, atmosphérique, très pop, très folk, est portée par des choeurs en nappe et la voix de Julien, le chanteur, assez émouvante. A écouter sans modération.
De l'électronique nappée de subtilités folk et d'arrangements originaux. Les guitares acoustiques sont omniprésentes, la voix légèrement grave, tout à fait limpide, du chanteur principal, souvent doublée de son alter-ego féminin, à moins que ce ne soit l'inverse, véhicule la douceur de compostions subtiles, sur le fil. La musique de Tunng n'a sans doute rien de très engageant. Ni proprement folk ni vraiment électronique. Tunng, c'est un vent de psychédélisme léger, quelques comptines proprettes en dehors, mais à la limite constante du dérapage. Tunng c'est aussi de vraies petites perles mélodieuses au charme très britannique. Un bric à brac d'objets, de parties du corps humain, un secret. Autant de sonorités sous le bras. Sans avoir la prétention d'être un chef-d'œuvre intemporel, ce "Good Arrows" sorti en 2007 détient en tout cas de quoi titiller la curiosité et maintenir l'attention pendant un bon bout de temps. Il s'agit surtout d'une musique d'atmosphères, d'ambiances calfeutrées. Au coeur d'un environnement de bruitages, de voix lointaines, le son de Tunng confie à son auditeur ses secrets les plus intimes. On ne l'écoutera pas tout le temps, mais on pourra l'écouter à tout moment.
C'est court (37 minutes), rock (hautement énergétique), direct et efficace : ce sont les mots qui viennent à l'esprit après la première écoute. Il n’y a rien à jeter ! Au micro, une belle blonde aux allures de Nico, l’égérie d’Andy Warhol . Un peu garage, très rock, bluesy mais soul aussi, rappelant les Pixies et tout le rock indé des années 90. Neptune est un coup de pied bien senti dans les noix de la fourmilière rock La voix de Liela Moss est sexy et évocatrice : la chanteuse se place dans la lignée des sauvageonnes du rock, comme Patti Smith ou PJ Harvey . La jeune Anglaise réussit, avec sa voix, à ajouter rage et énergie aux morceaux.
Si « Send a Little Love Token » ne fait pas danser la planète entière dans les soirées indie des mois qui viennent, ce n’est à n’y rien comprendre. Impossible de rester insensible à la furie qui se dégage. Dans la même catégorie, on placera aussi « Into The Fold » inspiré et porté comme jamais par la voix de Liela Moss qui montre un groupe au bord de l'implosion musicale et donnant tout ce qu'il a. Cette rage, cette fougue, cette envie, c’est juste un appel à la folie.
Mais fort heureusement, il arrive au groupe de relâcher un peu l'accélérateur, et de troquer l'énergie pour l'élégance. Il y a aussi dans l’album des plages de respirations pour faire retomber la folie, ils parsèment ce Neptune de balades, tantôt sombres, langoureuses et soul, tantôt très pop. L album bénéficie d une production hors-paire signée Chris Goss (Queen Of The Stone Age) et a été mixé par Tom Elmhurst (Amy Winehouse).
En résumé, un grand disque de rock n roll. C est brutal , rêche et en même temps suave, sexy et soul ! Pas franchement révolutionnaire, mais extrêmement bien fichu et profondément honnête, le "Neptune" de The Duke Spirit est une galette qui mérite le détour. Energique, euphorisant, cohérent, c’est un vrai petit régal et une des grandes œuvres de 2008.
Ils sont forts, ces Belges, à bien cacher leur jeu. Qu'est-ce qui nous dit que ces garçons de Girls in Hawaii viennent de Braine-l'Alleud, dans le Brabant wallon ? Ni leur accent anglo-américain neutre à souhait, ni leur musique. La tête de cerf qui orne leur CD est juste un indice. Dans les sous-bois où ils chassent la fleur au fusil et le fusil en bois, on croise à coup sûr les scouts supersoniques de Midlake.
La voix paraît chanter à travers une écharpe, les harmonies se languissent d'un soleil idéal (californien ? hawaïen ?). Un recueil de titres frais, légers et mélodieusement enthousiasmants... Cette échappée belle vers le printemps éternel est positivement réjouissante ; chaque titre (ou presque) est une invitation à la mélancolie joyeuse pour les fans de pop joliment ouvragée à la Grandaddy/Beach Boys/Radiohead. Maniant aussi bien l'électricité que l'acoustique, l’électro que la pop, Girls In Hawaii invite ses auditeurs dans une sorte de pays des merveilles de la pop rêvée. Pour preuve, ce titre très évocateur : Colors . Allongez-vous sur l’herbe, regardez le ciel et cherchez dans les nuages les nounours en peluche jouant avec les lapins , les vaches Milka danser sur Casse Noisette et mille autres fantaisies, c’est cadeau.
En bon crooner désireux de progresser , Adam Green continue à produire des disques s'éloignant de l'anti folk et lorgnant vers la pop arrangée avec soin, en toute (apparente) décontraction. Sur Sixes and Sevens, notre (bel) homme s'évertue à démonter ses talents conjoints de chanteur à la voix gravement sexy (entre David Bowie et Lou Reed) et de songwriter universel s'inspirant des illustres anciens. Le résultat est souvent bluffant, très kitsh mais toujours inspiré et surprenant. S'il y a peut-être trop de chansons sur Sixes and Sevens, cet album comporte néanmoins son lot de réussites réjouissantes. Visiblement, Adam Green est loin d'avoir dit son dernier mot. Il n'est pas près de mûrir et tant mieux. Qu'il persiste à chanter ce qui lui passe par la tête et à tout faire comme bon lui semble : un jour, ça finira par toucher la foule ébahie. Là-dessus, on ajoute des paroles auxquelles personne ne comprendra jamais tout (ceci pour rassurer les non-anglophones), très bien articulées pourtant. Voilà un dangereux zinzin qui peut vous faire croire qu'on torche une bonne chanson avec trois fois rien Ce serait dommage de se priver de petites choses comme Homelife, propres à vous réconcilier avec l'humanité ou encore cette petite perle qu’est « It's a fine » et que je vous propose de savourer : doses de blues (mais un blues bricolé à la Green, donc un peu à la blague), flûte de Pan (cul-cul ?), glockenspiel ou tuba, choeur vaudou, paresse caraïbe...
The Sleeping Years : We're Becoming Islands One By One
Fragile, inspiré et gracile, ce premier album de The Sleeping Years est un véritable ravissement pour les oreilles un tant soit peu sensibles aux mélopées pop folk. Dale Grundle écrit vraiment des chansons superbes et gracieuses, et il a l'immense mérite de les chanter avec une voix cristalline qui suffit à approcher la définition la plus juste de ce qu'on conçoit par le terme de mélancolie .Subtil, élégant, un flot d'émotions fortes se dégage dès la première note... Les morceaux ont en plus la chance d'être habillés avec sobriété et classe : guitares ligne claire, arpèges délicats, batterie discrète, piano, cordes et arrangements parfaits. Avec de bonnes chansons (influencées par l'univers de Nick Drake) la pop/folk proposée par The Sleeping Years et ses acolytes est délicieuse. Quant aux textes, je les imagine poétiques et toujours beaux. Je vous propose de craquer sur ce superbe « The Lokkeeper’s Cottage » avant de vous convaincre avec le tubesque "You and me Against the World". Quand je vous dis que c’est un disque grâcieux !
Après un fructueux passage au studio Hotel2Tango à Montréal, British Sea Power revient avec un disque de pop rock fortement influencé par le son de The Rakes, The Libertines ou encore Arcade Fire. Le groupe effectue un joli numéro d'équilibriste entre bon et mauvais goût, réussissant la plupart du temps à tomber du bon côté... Lights out for darker skies ou encore No Lucifer et Down on the ground, transportent l'auditeur dans le monde à la fois contrasté et enlevé de British Sea Power. En alternant entre mélancolie, lyrisme, joie et énergie, le combo pop du Royaume-Uni réussit son coup avec ce nouvel album. Une réussite !
Parmi les innombrables petits groupes de rock anglais qu’on voit déferler chaque année, The Coral a toujours son attrait particulier et ne me déçoit jamais. Ils ne craignent pas de mettre en avant des instruments comme la trompette, le mélodica ou des guitares acoustiques. Chacun de leurs albums contient son lot toujours croissant de perles. Roots & Echoes est donc naturellement aussi bon que son remarquable prédécesseur. Ici, The Coral place la barre haut : une impeccable collection de pop songs aussi légères à écouter que solides dans leur construction (un peu comme chez les Shins), parmi lesquelles quelques-unes des plus belles mélodies du groupe à ce jour. Tels le délicatement furieux In the rain .Une preuve parmi d’autres qu’ils ont vraiment la classe The Coral.